Réseaux sociaux & télétravail : comment arrêter le carnage ?

Les fusées ont pris leur envol. Séduisant d’abord les geeks, puis les jeunes, les réseaux sociaux sont devenus aujourd’hui une part incontournable de la vie de toute personne. Il est très difficile de s’imaginer aujourd’hui une vie sans Facebook, Twitter, Instagram, Youtube…

Si discuter des avantages et inconvénients de ces plateformes mériterait des débats enflammés, je veux surtout vous parler des conséquences désastreuses de ces plateformes sur le télétravailleur.

Quels sont les principaux problèmes des réseaux sociaux quand on travaille depuis chez soi ? Comment ai-je fait pour limiter leur impact au maximum et doper ma productivité ?

Clics & habitudes : surfer sans s’en rendre compte

Les réseaux sociaux sont comme un paquet de cigarettes. Vous les aimez ; cela favorise le contact social et vous permet de réduire le stress, mais c’est terriblement mauvais !

Nous avons beau passer des heures sur le web et nos téléphones, les mêmes sites reviennent encore et encore. Parmi eux, les réseaux sociaux occupent la première place.

Votre cerveau a bien saisi votre parcours de navigation et se met à le répéter inlassablement.

Vérification des nouveautés Facebook, derniers messages des conversations Messenger, nouvelles photos des comptes Instagram que vous suivez, tendances sur Twitter… Ce sont les premières choses que vous regardez le matin et parfois comme ma femme, à peine les yeux ouverts et encore dans le lit.

Puis, dans la journée, ce cycle se répète encore et encore tel un robot.

J’ai vu cette dérive des habitudes quand j’ai cherché une maison. Je regardais sur Le Bon Coin plus de 50 fois par jour à la recherche d’une nouvelle annonce. Un mois après avoir acheté ma maison, il m’arrivait encore de le faire sans véritable raison. Par habitude.

Temps perdu et impossibilité de se concentrer pleinement

La perte de temps de cette navigation automatique est désastreuse. En 2018, Hootsuite et We Are Social nous informaient dans leur rapport digital annuel qu’en moyenne, les Français passaient 6h connectés dont (via Internet ou un téléphone mobile) dont 1h22 sur les réseaux sociaux. C’est considérable ! Mais, est-ce vraiment utile ?

Si le temps perdu sur les réseaux sociaux n’est pas une découverte, beaucoup de travailleurs négligent totalement l’impact de Facebook & Co sur le reste du travail.

Les nouvelles générations ont perdu deux facultés importantes : s’avoir s’ennuyer et savoir se concentrer. Cela est en grande partie due à l’hyper-connectivité.

L’ennui est propice à la réflexion. Or, que faites-vous dès qu’une pointe d’ennui pointe le bout de son nez ? Je parie que beaucoup d’entre vous refont un cycle de navigation sur leur smartphone ou leur ordinateur.

Les tâches demandant de la concentration souffrent de la même habitude. Écrire un long article de 2000 mots comme celui-ci, contacter toute une liste de clients ou finir un rapport pour votre future réunion n’est pas toujours une chose simple. Face à la difficulté, votre petit cerveau va jouer les lâches.

Dès que vous êtes las, vous faites une pause pour faire un tour sur vos réseaux sociaux… Bilan, il vous est impossible de vous concentrer pleinement et d’être réellement productif. Les travaux de fond souffrent alors de médiocrité, alors que vous pourriez faire bien mieux !

notification facebook

Le (1), rien de pire pour empêcher la concentration profonde !

Autre virus répandu par les réseaux sociaux (mais aussi sur votre boite mail) : les notifications. Vous êtes pleinement concentré sur votre travail, naviguez entre plusieurs sources sur votre navigateur web et tout à coup, l’onglet Facebook affiche le fameux (1) indiquant une nouvelle notification. C’est fait, l’info est dans votre cerveau.

Si vous êtes faible, vous cliquez tout de suite pour voir que Tata a aimé votre dernière photo avec votre conjoint. Si vous êtes fort, vous résistez, votre esprit vous rappelle sans cesse la présence de ce primordial (1) et vous finissez par craquer en allant le voir.

Dans les deux cas, votre concentration profonde a échoué.

Fatigue oculaire et mentale

Désormais, nous sommes tous des êtres débordés. Tout du moins, en apparence. Dans le métro, nous ne sommes plus la tête en l’air à rêver, nous avons les yeux sur l’écran à cliquer encore et encore, à lire des infos, à aller sur les réseaux sociaux…

Quand c’est la pause du midi au travail, pensez-vous que nous sommes suffisamment sains d’esprit pour nous reposer en faisant une petite marche ou en discutant avec des collègues ? Non, nous sommes des grands masos. Nous reprenons ce fichu téléphone, ou retournons complètement sur l’ordinateur, pour une nouvelle session robotique de réseaux sociaux…

Votre cerveau n’a pas le temps de se calmer. Vos yeux fatiguent et voient défiler des quantités impressionnantes d’informations sur des écrans lumineux.

Vous fatiguez et votre endurance se réduit de plus en plus. Alors que vous pourriez faire 5 sessions de 1h30 de travail par jour espacées par des pauses de 15 min. Vous restez 10 heures sur l’écran, dont 4 sur les réseaux sociaux, 2 sur des sites d’actus et le reste à peiner face à la fatigue mentale pour produire des travaux…

 

Le pire avec les réseaux sociaux ? Nous sommes tous conscients qu’ils procurent ces effets sur notre qualité de travail, mais nous les subissons. Comme une personne fumant des cigarettes, nous connaissons les dangers sans savoir comment guérir…

Comment arrêter les réseaux sociaux pendant le travail ?

De la motivation, les bons outils et le changement d’habitudes feront pencher la balance !

Je ne suis pas le meilleur exemple possible, mais j’ai réussi à réduire de façon considérable l’usage des réseaux sociaux pendant mon travail. Lorsque j’ai compris que j’avais un vrai problème avec la navigation robotique, je passais près de 4 heures par jour entre les réseaux sociaux (exclusivement Facebook et Twitter) et une liste de sites (Eurosport, Le Figaro, Le Monde, un journal local…). Aujourd’hui, ce temps ne dépasse pas 1 heure !

Comment j’y suis parvenu ? Je n’ai pas acheté un médicament nommé « Motivator » ou jeté la box Internet par la fenêtre, j’ai trié et limité grâce à des outils.

Constater les dégâts

Débutez par chiffrer l’étendue des dégâts. Savez-vous combien de temps vous passez sur les réseaux sociaux au lieu de télétravailler ?

Des applications comme QualityTime vous permettent de vous apprendre le temps exact passé sur chaque site chaque jour. Faites le test et préparez-vous à être choqué par les données.

Si vous ne souhaitez pas installer une telle application, prenez simplement une feuille de papier et un crayon. Écrivez la liste des sites auxquels vous êtes addict. À chaque moment de la journée où vous vous surprenez à aller dessus, faites un bâton. En fin de journée, comptez et hallucinez.

Agir en réduisant le temps passé sur les réseaux sociaux

Une fois les dégâts constatés, mon premier réflexe a été de me dire : « Denis, les conneries, cela suffit. Tu arrêtes les réseaux sociaux. ». Fan de développement personnel, fort d’une motivation sans faille, capable du meilleur, j’ai tenu… une demi-journée !

Pourquoi ? Cette foutue navigation automatique ! Avant même de vous en rendre compte, vous serez sur votre site favori.

J’ai donc opté pour des mesures drastiques que je vous invite à copier ou à vous en inspirer.

Twitter, c’est fini

Dans mon jardin, j’avais un arbre qui penchait et risquait de tomber sur la toiture. Qu’ai-je fait ? Je l’ai coupé. Avec Twitter, c’est pareil.

J’ai commencé par modifier mon mot de passe et par en mettre un impossible à se rappeler. Je me suis déconnecté. L’étape supplémentaire de devoir faire un « mot de passe oublié » pour se connecter a été efficace puisque je ne me suis pas reconnecté pendant un mois.

Dernièrement, je suis allé encore plus loin en fermant tout simplement mon compte Twitter. Les débats footballistiques, politiques ou les polémiques à deux balles peuplaient mon fil d’actualité malgré des abonnements majoritairement professionnels. L’inscription à quelques newsletters professionnelles m’assure une veille de meilleure qualité et peu chronophage.

Avec plus aucun abonné et historique, l’envie de retourner dessus est moins vivace.

Avez-vous des comptes qui ne vous servent à rien ? Si oui, supprimez-les tout simplement. D’autres sont utiles, mais pas pendant le télétravail ? Déconnectez-vous après chaque utilisation pour éviter de retomber sur votre fil d’actu à chaque fois que vous allez machinalement dessus.

Définir des périodes de navigation

Quand vous étiez petit et vouliez toujours regarder la TV, que faisaient vos parents ? Ils vous imposaient des heures et des limites. Faites de même !

Facebook m’est encore utile pour le travail puisque je suis dans plusieurs groupes professionnels et trouve des clients par ce biais. Mais, au lieu de passer cent fois vérifier si un nouveau message a été publié, je fais une visite avant ma journée de travail, à la reprise du midi et souvent, pour clôturer ma journée.

Au lieu de perdre 100 fois 1 minute, je procède à 3 visites utiles de 5 minutes où j’ai réellement du temps et l’envie pour contacter les personnes que je désire contacter.

J’ai également défini un temps maximal passé sur une liste de sites grâce à l’application gratuite StayFocusd. Dès que je dépasse 20 minutes quotidiennes sur les sites de cette liste, ils deviennent tous inacessibles sur le créneau horaire que j’ai défini (j’ai choisi de 8h à 19h).

application stayfocusd sur chrome

StayFocusd est une application gratuite idéale pour limiter le temps passé sur certains sites.

En complément, je me sèvre de Facebook dans ma vie personnelle. J’ai enlevé les notifications, je mets du son uniquement sur les appels (je souhaite être dispo en cas d’urgence) et laisse mon téléphone éloigné pour éviter les mouvements robotiques consistant à aller dessus encore et encore.

Faire le tri dans les abonnements et amis

Je ne citerai pas de noms, mais vous reconnaîtrez tous ces profils de personnes sur les réseaux sociaux :

  • La jeune maman qui publie dix photos par jour de son bébé ;
  • L’engagé politique qui crie à l’injustice sociale et partage plein de publications de son parti politique ;
  • L’ami des bêtes qui partage toutes les photos de chats et de chiens possibles ;
  • Cette personne avec plein d’amis qui tagge encore et encore les autres dans des publications futiles…

J’arrête là pour les exemples. Vous avez compris de qui je parlais. En avez-vous vraiment besoin parmi votre liste d’amis ? Si non, enlevez-les. Si oui (car vous pensez que les enlever serait mal vu ou parce qu’il s’agit d’un membre de votre famille), bloquez leurs notifications.

Faites de même avec les abonnements aux pages et groupes. Plus jeune, j’ai perdu un temps fou sur les pages liées au football…

Supprimer vos raccourcis et favoris

Comment voulez-vous ne pas aller sur Twitter si c’est dans votre barre de favoris ? Ne mettez que des favoris utiles à votre travail. De mon côté, en tant qu’éditeur web, mes favoris se composent de codes en javascript me permettant des raccourcis (ex : compter le nombre de mots sur une page en un clic, vérifier le propriétaire du site…), de fichiers partagés avec des confrères, d’articles mis en favori pour être lus le week-end…

Pensez aussi aux favoris de votre navigateur. Ce sont les pires. Si vous allez sur la page d’accueil de Google, vos sites les plus fréquentés sont automatiquement proposés. Or, comme tout bon mouton, nous avons l’habitude de cliquer sur eux. J’ai donc enlevé les réseaux sociaux de ces listes, mais aussi les plateformes sur lesquelles je touche des revenus car je finissais par aller dessus constamment pour voir les montants engrangés dans la journée…

Donner des consignes à vos proches

La force des réseaux sociaux est de devenir indispensables. Messenger de Facebook est devenu un super remplaçant des SMS. Vous communiquez par ce biais avec votre conjoint, vos enfants, vos amis… Or, vous devez être connecté pour voir les notifications.

Cela vous pousse à rafraîchir souvent les pages ou à être victime du (1) dont je parlais précédemment et qui vous empêche la concentration profonde.

J’ai donc demandé à mes amis les plus proches et à ma femme de m’appeler en cas d’urgence au lieu de me contacter via Facebook. Je n’ai donc plus besoin d’être présent sur les réseaux sociaux «au cas où ». Je vérifie mes SMS à chaque pause (en moyenne, j’en fais une de quelques minutes toutes les 1 à 2 heures) et si jamais, ma femme rencontre une urgence, elle m’appelle et le son étant activé, je l’entends.

couper internet

Sans Internet, plus de réseaux sociaux. Radical, mais efficace !

Couper Internet !

Je ne sais plus quand quel film ou série, j’ai vu une scène où un protagoniste se trompe de destinataire pour son mail et a comme réflexe de débrancher la prise de l’ordinateur. Bien évidemment, cela est trop tard…

Mais cette solution est-elle viable pour améliorer votre productivité ? Oui ! Je le fais de plus en plus avec Internet. Actuellement, j’écris cet article sur un document Word, vais le relire tranquillement et c’est seulement quand je voudrai le mettre en ligne que je vais reconnecter mon ordinateur à Internet.

Sans Internet, comment voulez-vous aller sur les réseaux sociaux ?

Prenez conscience des dangers et des maux de ces outils qui sont passés du statut de nouveautés intéressantes à indispensables futilités et agissez !

En le faisant, j’ai constaté une chose : je travaille moins longtemps ! La meilleure concentration et la diminution des pertes de temps sur le web font que je finis souvent mes journées à 17h au lieu de 18h30 pour des productions plus denses.

Nous serions ravis de connaître votre avis

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