D’agent de sécu Amazon à MFA : j’en ai parcouru du chemin !

D’agent de sécu Amazon à MFA : j’en ai parcouru du chemin !

Hier soir, je recherchais un truc dans mes papiers administratifs – vous savez, ce grand classeur bourré de feuilles et jamais rangé – quand je suis tombé sur deux bulletins de salaire qui m’ont fait sourire.

En quelques secondes, ils m’ont permis de retracer ma « carrière » via Amazon. Un long parcours en quelques années seulement, je n’ose imaginer où j’en serai dans vingt ans. Enfin si, je l’ambitionne !

Agent de sécurité à Amazon : le pire !

À la sortie du lycée, j’avais des bulletins tellement mauvais que je me suis fait refuser de tous les établissements où j’avais postulé (et pourtant, j’en avais mis une dizaine sur leur site en carton « Admission Post Bac »). Bilan, la vingtaine, un pauvre Bac technologique en poche, j’ai voulu me rapprocher de la gendarmerie et l’armée. Refusé pour un problème aux yeux malgré les premiers tests réussis, je me suis tourné vers un métier qui est aussi intéressant qu’il le semble : agent de sécurité.

bulletin salaire securitas
18.75 heures supplémentaires, prime de fin de CDD, 24 heures bossées le dimanche… tu finis à 1400€ net payer. On dira que la richesse se trouve dans les expériences…

J’ai fait 4 mois à Amazon en pleine période de Noël via Securitas. Mes missions étaient des plus réjouissantes :

  • Ouvrir les portes aux camions de livraison à 5h du mat en plein décembre ;
  • Filer les voleurs potentiels (maintenant, ils ont des caméras mais pas à l’époque) ;
  • Rechercher des emballages d’objets volés ;
  • Gérer les sorties des salariés…

Cette dernière, c’est le pompon. Tu as plusieurs centaines d’intérimaires désireux de rentrer chez eux qui sortent et passent quelques portails de sécurité. Quand ça sonne, tu sors ta raquette qui détecte les métaux et les scannes. Ils te maudissent, comme toi tu les maudis d’avoir été aussi con pour avoir laissé une clé dans leur poche… Et puis, tu as le voleur pas doué qui se fait attraper et finit entre deux policiers.

Fun fact : Tu as parfois tes patrons qui se font passer pour des intérimaires, cachent des objets et font les gros malins quand tu ne les trouves pas / ou t’engueulent. Cela dépend de leur degré de stupidité de la journée.

Fun fact 2 : En quatre mois, deux collègues « agent de sécurité » se sont faits attraper pour avoir volé… L’histoire du cordonnier mal chaussé…

Intérimaire : un rythme de malade !

Quelques années plus tard, je suis revenu aux études après un passage dans la Police (oui, mon CV ressemble à un fake !). Sauf qu’en étant étudiant et en vivant seul sans aide des parents, les économies fondent vite. Alors à l’arrivée de Noël, quand tu habites Orléans et que tu es dans cette situation, Amazon est LE plan. Tout le monde sait qu’ils recrutent tous ceux qui possèdent au moins un demi cerveau et deux jambes. Car les jambes, il va falloir les utiliser…. Ton cerveau, moins.

Pendant un mois et demi, j’ai donc cumulé les cours du lundi au vendredi, avec un « week-end Amazon ». 12h par jour sur deux jours, payées 36. Début à 5h, fin vers 19h. Attention, métier réservé aux courageux ! Je faisais partie de ceux qui vont chercher les produits (le picking) et cumulais entre 20 et 30 km par jour car les entrepôts Amazon sont gigantesques.

Évidemment, dès le premier jour, tes pieds ressemblent à rien car ils te refilent une paire de chaussures utilisée par 10 gus avant toi. Mais, au moins, tu sais le lundi pourquoi tu retournes en cours même si tu es à deux doigts de tomber sur la table pour dormir…

Je pense que pour un jeune, cela est presque formateur. Mais, voir des gens de 50 ans et plus faire cela, ça craint sincèrement. Quand les ventes s’amenuisent, il y a chaque soir un mélodrame. Les managers appellent une liste de personnes et t’annoncent qu’il ne faut pas compter revenir demain. Pour certains qui étaient là depuis plusieurs mois et ont besoin de cet argent, c’est rude.

Financièrement, ce n’est pas si mauvais que ça puisque dans cette configuration je gagnais un smic sur 36h pour 24h bossées et même si physiquement, le travail est dur et inhumain (au sens où tu es un robot qui marche), Amazon a l’obligation de par sa notoriété de jouer dans les règles.

Fun fact : on m’a « viré » une fois car pas assez productif (tu m’étonnes avec trente ampoules aux pieds !), pour me rappeler le lendemain en me demandant où j’étais passé… Le départ suivant, ce fut de mon ressort quand j’ai décidé que j’avais désormais amassé suffisamment d’argent pour plusieurs mois.

MFA : rémunérateur, moins fatiguant !

Comme l’Homme de cro magnon, je progresse ! Désormais, je participe toujours à la grande machine Amazon, mais avec un bien meilleur ratio €/heure travaillée.

D’ailleurs, si je devais comparer, je dois avoir un taux horaire multiplié par 3 ou 4. Encore heureux (et insuffisant) me direz-vous ! En tant qu’éditeur de sites, Amazon a quand même de sérieux atouts pour lui. J’en reparlerai sûrement dans d’autres articles/projets, mais aujourd’hui, je raconte ma vie 🙂

Je comprends toutes les critiques liées au fait de donner de l’argent, via mes affiliés, à une entreprise comme Amazon. Mais, le reste des jobs pourris est-il vraiment mieux ?

  • Était-ce mieux quand à 16 ans, un magasin de vaisselles de riches m’a dit qu’à la fin de mon contrat, que je touchais seulement un tiers du smic horaire vu qu’il s’agissait d’un stage conventioné et non d’un CDD (ce fut une bonne leçon pour apprendre à lire entièrement mes contrats) ?
  • Était-ce mieux quand je bossais en BEP à Eden Park où je passais mon temps à ranger la réserve ou laver la surface de vente car t’avais 2 clients par jour ?
  • Et à Champion (maintenant, Carrefour Market), ranger des surgelés à 5h du mat avec un manager qui te presse car le magasin ouvre dans 3h, c’était bandant à quel point ?

Avec les MFA, j’ai choisi de quel côté de la barrière je voulais être.

Après avoir vu ces deux bulletins, je me suis dit que le vent tournait bien pour moi. Maintenant, on se retrousse les manches et comme rappait Mc Solaar, je veux du « Cash money »… et surtout, de la liberté ! Les revenus passifs comme les MFA le permettent, alors pourquoi s’en priver ?

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